Femme senior discutant avec sa mère âgée dans un salon parisien, préparation EHPAD
Publié le 13 février 2026

Quand Françoise m’a appelé il y a deux ans, elle était complètement perdue. Sa mère de 84 ans vivait seule dans le 13ème arrondissement, encore autonome mais la santé se fragilisait. Françoise préparait sa propre retraite dans quatre ans. Et elle n’avait aucune idée de combien mettre de côté si sa mère devait entrer en EHPAD. Zéro. Comme la majorité des familles que j’accompagne.

Le problème avec les articles sur le financement EHPAD ? Ils listent des aides sans jamais vous dire comment les intégrer dans votre budget retraite. Pire : ils donnent des chiffres moyens nationaux qui n’ont rien à voir avec les tarifs parisiens. Dans le 13ème, on parle d’un autre monde.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou notaire pour toute décision patrimoniale.

L’essentiel sur le financement EHPAD en 30 secondes

  • Tarif EHPAD Paris 13ème : comptez entre 2 800 et 3 800 €/mois selon l’établissement
  • Trois leviers couvrent 80% du financement : pension de retraite, APA, patrimoine ou ASH
  • L’ASH est récupérable sur succession au-delà de 46 000 € de patrimoine
  • Anticipez 3 à 5 ans avant pour éviter les décisions dans l’urgence
  • Protégez le conjoint restant : un minimum de ressources lui est garanti par la loi

Ce que coûte vraiment un EHPAD dans le 13ème arrondissement

Je ne vais pas vous mentir. Les tarifs EHPAD à Paris font mal. Vraiment mal.

D’après les chiffres clés 2024 de la CNSA, l’année 2023 a été marquée par une augmentation de 4,4 % des prix de l’hébergement permanent en EHPAD. Et selon le rapport du Sénat 2024, la hausse moyenne des tarifs hébergement atteint 3,2 % en 2024 avec des variations de 0 % à 10 % selon les départements.

2 800 à 3 800 €/mois

Fourchette tarif EHPAD Paris 13ème (hébergement + dépendance)

Dans les dossiers parisiens que je traite, je constate des écarts considérables. Un établissement près de la Place d’Italie affiche 3 200 €. Un autre à deux rues demande 3 700 €. Pour des prestations quasi identiques sur le papier.

Le tarif EHPAD se décompose en trois parties distinctes :

  • Tarif hébergement : logement, repas, entretien (environ 60-70% du total)
  • Tarif dépendance : aide aux gestes quotidiens selon votre GIR (20-25%)
  • Tarif soins : pris en charge par l’Assurance maladie (pas à votre charge)

Soyons clairs. Sur cinq ans de séjour en EHPAD parisien, on parle d’un budget total de 170 000 à 230 000 €. Ça change la perspective sur la préparation retraite.

Les trois leviers qui financent 80% d’un séjour EHPAD

Comprendre les trois leviers de financement permet de construire une stratégie réaliste



Je recommande toujours de commencer par cette règle simple : oubliez la liste des douze aides possibles. Concentrez-vous sur trois leviers qui couvrent la quasi-totalité du financement. Le reste ? Des dispositifs techniques à étudier avec un professionnel si besoin.

Pour explorer les différentes options d’hébergement pour personnes âgées à Paris 13ème, plusieurs établissements proposent des tarifications variables selon les services inclus.

Pension, APA, patrimoine : quel levier pour votre situation ?
Levier Conditions principales Montant type Piège à éviter
Pension de retraite Aucune condition, mobilisée en priorité 1 200 à 2 500 €/mois Ne pas intégrer les revenus du conjoint dans le calcul initial
APA établissement GIR 1 à 4, sous conditions de ressources Variable selon GIR et revenus Attendre l’urgence pour déposer le dossier (délai 2-3 mois)
Patrimoine ou ASH ASH si ressources insuffisantes Complément du reste à charge Ignorer la récupération sur succession (seuil 46 000 €)

Selon le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr, si vos ressources sont inférieures à 2 846,77 € par mois en 2026, vous payez uniquement le tarif dépendance correspondant aux GIR 5-6. C’est un seuil à garder en tête.

Attention à l’ASH : Conformément aux informations du ministère des Solidarités, l’aide sociale à l’hébergement est récupérable sur la succession si l’actif successoral dépasse 46 000 euros. Seules les dépenses supérieures à 760 euros donnent lieu à recouvrement. Cette récupération peut impacter significativement la transmission patrimoniale.

Mon conseil après des années d’accompagnement : ne regardez jamais l’ASH comme une solution miracle. Elle existe, elle peut sauver des situations, mais ses conséquences sur la succession méritent une analyse approfondie avec un notaire.

Calendrier de préparation : 5 ans, 2 ans, 6 mois avant

J’ai accompagné une famille l’année dernière qui a tout fait dans l’urgence. Hospitalisation de la mère, impossibilité de retour à domicile, recherche d’EHPAD en catastrophe. Résultat : le premier établissement disponible était à 3 600 €, bien au-dessus de leurs moyens. Ils ont dû accepter faute d’alternative.

L’anticipation change tout. Vraiment tout.

La recherche anticipée d’établissements élargit considérablement les options



Phase anticipation (J-5 ans) : poser les bases

Cinq ans avant l’âge où la dépendance devient probable, commencez par une simulation budgétaire simple. Combien touchez-vous de pension ? Quel patrimoine liquide ? L’immobilier est-il vendable si nécessaire ?

Dans mon activité en Île-de-France avec des préretraités préparant le financement dépendance, l’erreur la plus fréquente reste la sous-estimation du reste à charge. Beaucoup de familles calculent uniquement avec la pension du futur résident, sans intégrer que certains EHPAD appliquent un tarif hébergement tenant compte des ressources du couple. Sur mes dossiers parisiens, l’écart peut atteindre 400 à 600 € par mois. Ce constat n’est pas généralisable à tous les établissements.

À ce stade, identifiez aussi deux ou trois établissements cibles dans le 13ème. Pas pour réserver, juste pour connaître leurs tarifs et leurs délais d’attente.

Phase activation (J-2 ans) : pré-inscriptions et dossiers

Deux ans avant, passez à l’action concrète. Les listes d’attente EHPAD à Paris peuvent dépasser 12 mois, parfois 18 pour les établissements les plus demandés. Pré-inscrivez-vous sans attendre.

C’est aussi le moment de préparer le dossier APA si le GIR est déjà évalué entre 1 et 4. Pour construire une projection budgétaire solide, vous pouvez consulter notre guide sur le bilan retraite pour connaître ses droits.

Phase urgence maîtrisée (J-6 mois) : finalisation

Six mois avant l’entrée prévue, visitez physiquement les établissements présélectionnés. Comparez les tarifs actualisés. Finalisez le montage financier avec l’ensemble des aides mobilisables.


  • Première simulation budgétaire et identification établissements cibles

  • Pré-inscription listes d’attente (délai moyen Paris : 6-18 mois)

  • Constitution dossier APA si GIR 1-4 + bilan patrimoine complet

  • Visites établissements shortlistés + ajustement stratégie financement

  • Entrée effective avec dossier complet et financement sécurisé

Protéger le conjoint restant : le point que tout le monde oublie

Franchement, c’est le sujet qui me préoccupe le plus dans les dossiers que je traite. Tout le monde se focalise sur le futur résident. Personne ne parle du conjoint qui reste au domicile.

La bonne nouvelle : la réglementation prévoit un minimum de ressources garanti pour le conjoint. Il ne peut pas se retrouver sans rien. Mais ce minimum reste souvent insuffisant pour maintenir son niveau de vie habituel.

Revenus du couple : l’erreur de calcul la plus fréquente

Dans mes dossiers franciliens, je vois régulièrement des familles calculer le reste à charge uniquement sur la pension du futur résident. Or, certains établissements et certaines aides intègrent les revenus du couple dans leur calcul. L’écart constaté peut atteindre 400 à 600 € mensuels entre la projection initiale et la facture réelle.

Comment Mme Renaud a sécurisé sa mère ET sa propre retraite

J’ai accompagné Mme Renaud depuis 2023. Elle a 62 ans, cadre administrative à la retraite. Sa mère de 86 ans, évaluée GIR 4, habite seule dans le 13ème arrondissement.

Le problème initial : budget retraite calibré sans aucune provision EHPAD. Sa mère était propriétaire de son logement mais avec des revenus modestes. Le premier établissement visité affichait 3 200 € par mois, bien au-delà des simulations théoriques trouvées en ligne.

La solution mise en place : épargne mensuelle dédiée de 500 €, dossier APA anticipé avant toute urgence, pré-inscription sur deux établissements du quartier. Trois ans de préparation au lieu de trois semaines de panique.

Sa leçon : l’anticipation de 3-5 ans avant l’urgence change complètement la donne financière et psychologique.

Pour aller plus loin sur l’articulation budget retraite et dépendance, vous pouvez consulter notre analyse sur le coût futur d’un EHPAD parisien dans votre projection financière.

Vos questions sur le financement EHPAD à Paris

Combien coûte un EHPAD par mois à Paris 13ème ?

Les tarifs dans le 13ème arrondissement oscillent généralement entre 2 800 et 3 800 € mensuels, incluant l’hébergement et le tarif dépendance. Les variations dépendent de la localisation exacte, du niveau de prestations et du statut de l’établissement (public, associatif ou privé commercial).

L’APA couvre-t-elle la totalité des frais ?

Non. L’APA en établissement couvre une partie du tarif dépendance uniquement, pas l’hébergement. Son montant varie selon votre niveau de GIR (1 à 4) et vos ressources. Pour les revenus modestes (sous 2 846,77 €/mois en 2026), la participation au tarif dépendance est réduite au minimum.

Les enfants doivent-ils obligatoirement participer ?

Uniquement dans le cadre de l’ASH. Si le résident sollicite l’aide sociale à l’hébergement, le département peut se tourner vers les descendants au titre de l’obligation alimentaire prévue par le Code civil. Le montant demandé dépend des ressources de chaque enfant. Sans ASH, aucune obligation légale ne pèse sur les enfants.

Faut-il vendre le logement pour payer l’EHPAD ?

Pas nécessairement. Si le conjoint continue d’y habiter, le logement est protégé. D’autres solutions existent : viager, location, ou prêt viager hypothécaire. La vente reste une option si le patrimoine immobilier constitue la principale réserve financière et qu’aucun conjoint n’y réside.

Quand faut-il commencer à s’inscrire sur liste d’attente ?

Idéalement 18 à 24 mois avant l’entrée envisagée pour les établissements parisiens les plus demandés. Certains EHPAD du 13ème affichent des délais de 12 à 18 mois. Pré-inscrivez-vous sur deux ou trois établissements pour maximiser vos chances d’avoir le choix au moment voulu.

La prochaine étape pour vous

Votre plan d’action cette semaine



  • Calculez le reste à charge estimé : pension mensuelle moins 2 800 € (tarif bas Paris 13ème)


  • Identifiez deux établissements cibles et notez leurs tarifs actuels


  • Vérifiez le niveau de GIR si une évaluation a déjà été faite


  • Prenez rendez-vous avec un conseiller patrimoine si le reste à charge dépasse 1 000 €/mois

Si vous ne devez retenir qu’une chose de cet article : commencez maintenant. Pas dans six mois. Pas quand la situation deviendra urgente. Les familles qui anticipent 3 à 5 ans gardent le contrôle de leurs choix. Les autres subissent.

Précautions sur les projections budgétaires EHPAD

  • Les tarifs EHPAD et montants d’aides mentionnés correspondent aux barèmes 2025 et évoluent chaque année
  • Chaque situation patrimoniale et familiale nécessite une analyse personnalisée par un professionnel
  • Les délais d’attribution des aides et de disponibilité des places varient selon les établissements

Risques à connaître :

  • Risque de sous-estimation du reste à charge si revenus du conjoint non intégrés au calcul
  • Risque de récupération sur succession pour les bénéficiaires ASH (patrimoine supérieur à 46 000 €)
  • Risque de blocage dossier APA si GIR évalué trop bas lors de la première demande

Pour une analyse personnalisée, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié (CGPI) ou une assistante sociale du département.

Rédigé par Marc Bellanger, conseiller en gestion de patrimoine exerçant en cabinet indépendant depuis 2012. Basé en Île-de-France, il a accompagné plus de 200 familles sur des problématiques de préparation retraite et financement de la dépendance. Son approche privilégie l'anticipation budgétaire à 5-10 ans et l'optimisation des aides sociales (APA, ASH) pour réduire le reste à charge EHPAD. Il intervient régulièrement auprès d'associations d'aidants familiaux.